07.12.2009
La légende de Saint Nicolas
La photo à gauche est une image de Saint Nicolas que l'on trouve traditionnellement sur les pains d'épices glacés de la Saint Nicolas, il existe plusieurs modèles d'image et celle-ci est une des plus communes.
Comme vous pouvez le voir Saint Nicolas porte la mitre et la crosse, symboles des évêques. Eh oui car Saint Nicolas est un véritable saint, au sens chrétien du terme. Il a vécu de 270 à 345 en Turquie et a été évêque de Myre (en Turquie toujours).
La légende lorraine lui prête d'avoir ressucité trois petits enfants. Ces enfants s'étaient perdus et avaient fini par demander refuge au boucher pour la nuit. Sitôt endormis le boucher les a découpés en morceaux et les a mis dans son saloir. Sept ans plus tard, Saint Nicolas passe par là et demande à être hébergé à son tour. Le boucher obéit aussitôt et lui propose de le régaler de ses meilleurs mets. Saint Nicolas refuse et demande de cette viande qu'il a mis au saloir il y a sept ans. Le boucher refuse, horrifié. Saint Nicolas étend alors trois doigts au-dessus du saloir et les trois petits enfants sortent du saloir disant qu'ils ont bien dormi. (C'est cette légende qui est souvent illustrée sur les chars de la Saint Nicolas avec trois enfants tâchés de sang se débattant dans un baquet avec un boucher les menaçant avec un gros couteau !).
Cette histoire vous paraît peut-être un peu dure pour des enfants, mais on me l'a raconté depuis ma plus tendre enfance et ni boucher ni père fouettard ne m'ont traumatisés plus que ça, vu que je savais que le bon Saint Nicolas serait toujours là pour me sauver (à condition que je sois sage, bien sûr !).
Sinon pour la petite histoire Saint Nicolas est aussi le patron de la Russie, des marins et des prisionniers, quel rapport avec la Lorraine et les écoliers ? Ma foi je n'en sais rien.
Mais sachez tout de même qu'à Saint Nicolas de Port (en Lorraine), il y a une basilique consacrée à Saint Nicolas et qui conserve sa dextre bénissante, une des parties du corps les plus sacrées chez un évêque, non ?
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06.12.2009
Le jour le plus doux de l'année - 2nd part
Il vous faut bien comprendre que Saint Nicolas est le personnage le plus important de l'univers des enfants lorrains. J'ai d'ailleurs découvert l'existence du père Noel vers 10/12 ans, c'est vous dire. Je peux donc affirmer "je n'ai jamais cru au père Noel", eh oui !
Si je n'ai jamais cru au père Noel, je n'ai jamais eu non plus de cadeaux par le père Noel (quelle drôle d'idée !). Non nous recevions nos cadeaux par le Saint Nicolas. Eh oui, car après sa journée passée à défiler dans le village et à démasquer les enfants pas sages, avant de rentrer chez lui, il arpentait le village avec son âne chargé de cadeaux et s'arrêtait dans les différentes maisons pour y déposer les cadeaux des enfants. Il faisait ça la nuit, pour ne pas être dérangé tout le temps.
Même si on avait confiance en Saint Nicolas pour nous apporter les bons cadeaux, on craignait un peu le mauvais caractère de son âne. Donc on usait de malice pour que Saint Nicolas ne nous oublie pas. Premièrement, on demandait à nos parents de laisser la lampe extérieure allumée, pour que Saint Nicolas voit bien la maison et ne l'oublie pas par mégard
e. Ensuite on mettait des carottes sur le pas de la porte, comme ça l'âne viendrait forcément faire un tour et Saint Nicolas avec. Ensuite on posait des petits gâteaux pour que Saint Nicolas puisse reprendre des forces pour continuer sa longue nuit et une boisson chaude pour qu'il se réchauffe parce qu'il fait froid la nuit en Lorraine le 6 décembre ! Enfin on suppliait nos parents de surtout, surtout laisser la porte d'entrée ouverte pour que Saint Nicolas puisse entrer sans problème et déposer nos cadeaux. Oui parce que Saint Nicolas est quelqu'un de civilisé il rentre par la porte, pas par la cheminée !
Et le lendemain matin nous nous précipitions pour voir ce que Saint Nicolas avait déposé sur nos petits chaussons ! (oui, c'etait aussi le seul soir de l'année où on avait le droit de déambuler sans nos chaussons, sinon St Nic n'aurait pas su où poser nos cadeaux !).
Voilà pour terminer les chansons que nous chantions à l'époque :
Saint Nicolas patron des écoliers,
Apporte-moi des pommes dans mon petit panier.
Je serai toujours sage comme une petite image,
J'apprendrai mes leçons pour avoir des bonbons.
Venez, venez Saint Nicolas
Venez, venez Saint Nicolas
Venez, venez Saint Nicolas
Et tra la la...
ou encore celle-ci (plutôt appréciée des filles !)
Saint Nicolas mon bon patron,
Apporte moi des macarons,
Des mirabelles pour les d'moiselles,
Des coups de bâtons pour les garçons !
Je n'ai pas réussi à trouver des bandes sons, mais promis, je cherche !
Rendez-vous demain pour la fin de l'incroyable week-end des petits lorrains, pour découvrir, enfin, la légende de Saint Nicolas, qui ne dit pas pourquoi il est le patron de la Lorraine !
Et vous qui fêtiez Noel, y a t'il des similitudes avec la Saint-Nicolas ?
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05.12.2009
Le jour le plus doux de l'année - 1st part
Aujourd'hui de nombreux villages de Lorraine s'apprêtent à célébrer la Saint Nicolas. A l'évocation de ce nom, nombre d'adultes lorrains ont les yeux tout embués en souvenir de leur enfance, Ah! Saint Nicolas ...
Saint Nicolas est, entre autres, le patron de la Lorraine et des enfants. Donc un double patron pour les enfants lorrains !!
La Saint Nicolas est fêtée le 6 décembre, mais contrainte de nos emplois du temps modernes oblige, elle est généralement célébrée dans tous les villages (et villes) de Lorraine, le samedi le plus proche du 6 décembre, soit aujourd'hui cette année !
Dans tous les villages de Lorraine, donc, les enfants se sont donnés rendez-vous pour arpenter le village en courant autour du char de Saint Nicolas. Le char de Saint Nicolas étant une remorque plate tirée par un tracteur, traditionnellement décorée de branches de sapins et papier brillant. Sur cette remorque trône Saint Nicolas bien sûr (qui possède un don d'ubiquité et est présent dans tous les villages en même temps, mais comme les enfants ne sont qu'à un endroit à la fois, il ne s'en aperçoivent pas, malin ce Saint Nicolas !), parfois Saint Nicolas a des petits assistants, parfois il y a aussi les trois enfants et le boucher (cf. légende de Saint Nicolas dans une prochaine note !).
Saint Nicolas parade donc sur son char dans tout le village et lance des bonbons aux enfants qui se précipitent pour les ramasser, les plus grands prenant bien soin d'en prendre un peu plus pour distribuer aux petits qui courent pas assez vite !
Mais on n'est pas au pays du père Noel, et il y a un méchant : le père fouettard, qui court lui aussi autour du char, mais après les enfants pour leur donner des coups de trique !
Après le défilé, tout le monde se réunit dans la salle communale pour assister à un petit spectacle (magie, conte, théâtre pour enfant, marionnettes ...). Puis vient le moment tant redouté de la distribution des friandises par Saint Nicolas.
Chaque enfant est appelé tour à tour auprès de Saint Nicolas. N'importe quel enfant est alors tout intimidé d'être en présence du grand Saint Nicolas et n'ose pas moufter, d'autant plus que le père fouettard se tient juste derrière Saint Nicolas prêt à dégainer sa trique au moindre geste suspect (il est pire que les cops américains !). Saint Nicolas nous demande alors si nous avons été bien sage cette année. Ce à quoi tout le monde réponde "oui" dans un souffle, car Saint Nicolas connait la vérité et sait dire quand on ment. Et si on ment il nous dit : "tu es sûr, mon petit doigt m'a dit que tu avais fait beaucoup de bêtises cette année". Et là, c'est le drame, beaucoup se mettent à pleurer et le père fouettard s'approche de nous et nous donne une trique, que nous devrons donner à nos parents pour qu'ils puissent nous battre la prochaine fois que nous ne serons pas sage. Si nous avons été sage par contre tout va bien, Saint Nicolas nous donne un grand sac de friandises et nous
repartons le sourire aux lèvres.
Je n'ai jamais eu de triques, mais ma soeur si. Quand on a une trique, ça veut dire : 1. on n'a pas de bonbons, 2. on est grondé par Saint Nicolas (qui est le personnage le plus important au monde pour n'importe quel enfant lorrain), 3. tout le village est au courant de notre mauvais comportement. Bref c'est une véritable épreuve.
Je me suis longtemps demandé comment Saint Nicolas "savait". Et ma mère a avoué un jour, déjà Saint Nicolas était jouée par une femme du village (mon dieu, st nic n'existe pas !) et le père fouettard par un homme du village, ensuite quelques semaines avant la Saint Nicolas toutes les familles avec enfant recevaient une invitation à la Saint Nicolas et un papier à remplir pour dire s'ils voulaient que leurs enfants aient des bonbons ou une trique. Nous étions dénoncé par nos propres parents !
Demain, 6 décembre, la suite des aventures de la Saint Nicolas ...
11:38 Publié dans Ma vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lorraine, saint nicolas, enfants
03.12.2009
In love with ...
... Derrière l'objectif de Willy Ronis - Photos et propos.
A la base je suis plutôt fan du travail de Willy Ronis (décédé en septembre dernier à plus de 80 ans). Des photos noir et blanc de la vie quotidienne en ville ou à la campagne, en France ou en Europe ... Willy Ronis a porté un regard touchant sur le monde qui l'entoure pendant plus de 50 ans.
Je feuillette souvent des livres de photographies, mais il s'agit généralement de recueils de photos d'un auteur ou sur un thème donné accompagnés de textes plutôt absconds écrits par quelqu'un de totalement étranger à la photographie et au bout de quelques pages je finis par regarder les photos et ne plus m'intéresser du tout au texte.
Ici on est bien loin de tout ça. Les photographies sont de Willy Ronis, elles ont été choisies par Willy Ronis et les textes sont de Willy Ronis. On peut donc dire qu'on pénétre vraiment l'âme photographique de Willy Ronis.
Ces textes sont en fait un commentaire d'une dizaine de ligne de chacune des photos. Il nous explique parfois les circonstances de la photo, parfois la "technique" (objectif, diaphragme ...), parfois son état d'esprit au moment de déclencher, parfois aussi ses erreurs (ce qui manque à la photo, comment il a pu le compenser), il nous montre aussi les déchets : parfois il lui a fallu trois ou quatre prises pour obtenir ce qu'il recherchait, parfois la photo est un recadrage trés serrée de l'original (!).
Bref un livre très humain, à l'image de Willy Ronis (dont j'adore le travail comme vous l'avez compris !)
Un seul regret, et de taille : ce livre n'est plus édité, je l'avais emprunté à la bibliothèque municpale et regrette de ne pouvoir l'avoir toujours sous la main dans "ma" bibliothèque. Il est très rare que je veuille acheter des livres empruntés, mais là ... I'm in love, sorry !
18:24 Publié dans Ma vie culturelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photographie, livre, willy ronis
27.11.2009
To be or not to be
Il y a quelques jours de cela j'assistais à une représentation sur le thème des cochons, composée d'une exposition photographique et d'une bande son. Les photos montrait le cochon "dans tous ses états" depuis le porcelet jusqu'à l'étal du charcutier. La bande son quant à elle reprenait la "vie du cochon", "on le nourrit, on le soigne, on l'égorge et on le cuisine". Avec donc toute la magnifique période de saignée et découpe où le cochon ne cesse de crier d'une voix suraigue. Jusque là rien de bien choquant pour quiconque mange de la viande. Oui les bêtes étaient vivantes avant d'être sur l'étal et elles ont été tuées en toute conscience par des êtres humains. Certes le bruit du cochon agonisant peut être déconcertant pour qui ne l'a jamais entendu mais nous étions entre gens de la campagne et cela nous évoquait tous des souvenirs plus ou moins lointains.
Mais soudain mon voisin se tourne vers moi et me dit "on a un problème". "Les artistes doivent venir faire leur représentation dans mon magasin samedi prochain et si ils passent ça je vais rien vendre à la boucherie."
Et là je suis plutôt étonnée. Les gens qui mangent de la viande savent bien qu'ils mangent des animaux, encore vivants il y a quelques jours de là et qui ont été tués dans des conditions plus ou moins humaines (le tuage du cochon à la ferme n'étant pas le pire loin de là !).
Personnellement j'en ai toujours été consciente. Et je ne vais pas arrêter de manger d'un aliment un jour X pour reprendre le lendemain parce que ce jour là j'ai réalisé quelles étaient les techniques de production.
Suis-je vraiment la seule à être consciente de ce que je mange ? Peut-être je suis trop scrupuleuse, peut-être je suis trop consciente de mon environnement et des conséquences de mes actes. Je devrais sans doute lâcher prise et n'en faire qu'à ma tête, en ne pensant qu'à moi ... et arrêter de manger de la viande (car je n'en mange que quand je suis invitée, alors que j'ai horreur de ça, pour ne pas froisser mon hôte !) cqfd !
18:10 Publié dans Ma vie culinaire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cuisine, viande, végétarien, cochon

